Eté 2022 : A l’assaut du château de Montgilbert !

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Un site qui nous vient du Moyen-âge

Le château de Montgilbert a été bâti au XIIIe siècle pour défendre la frontière du Bourbonnais, face à l’Auvergne et au Forez. Il a subi des modifications aux XIV-XVème pour l’adapter à l’artillerie puis aux XVI-XVIIème pour le rendre plus confortable. Après son abandon à la période révolutionnaire, il a servi de carrière de pierres.

Protégé au titre des monuments historiques depuis 1930, Montgilbert constitue aujourd’hui un élément emblématique du patrimoine de la Montagne bourbonnaise.

Une association de passionnés

Le château accueille depuis 1973 des chantiers de bénévoles organisés par l’Association de mise en valeur du château de Montgilbert. Celle-ci est membre de l’Union REMPART qui regroupe près de 200 associations locales de sauvegarde du patrimoine partout en France.

L’association de Montgilbert dispose d’un contrat de mise en valeur d’une durée de 9 ans, renouvelable, signé avec des propriétaires indivis du monument.

Ses chantiers de bénévoles contribuent à la sauvegarde, la mise en valeur et l’animation du site. Les travaux de restauration sont définis par le Conseil d’administration de l’association avant d’être soumis à l’approbation des services de l’Etat chargés du patrimoine : Conservation régionale des monuments historiques (CRMH), Service régional de l’archéologie (SRA) et Architecte des bâtiments de France (ABF).

Chaque année, ce sont entre 40 et 50 bénévoles (animateurs compris) qui participent aux trois chantiers estivaux de 15 jours chacun, organisés à Montgilbert. Leurs motivations ? : Participer à un projet d’intérêt général ; Faire quelque chose d’utile ; Rencontrer d’autres personnes.

L’éducation populaire au cœur du projet

A Montgilbert, le patrimoine constitue à la fois un but et un support.

Il s’agit en effet de sauvegarder le château pour le transmettre aux générations futures. Mais il s’agit aussi d’utiliser le château comme un lieu d’apprentissage et de formation : pour les bénévoles, c’est la découverte du patrimoine, de l’histoire, des techniques traditionnelles de construction et de restauration … mais aussi l’apprentissage du vivre ensemble et même de la citoyenneté.

Car quoi de plus fort pour une quinzaine de personnes, venues de tous les coins de France ou de l’Europe, de tous âges et de tous horizons culturels et sociaux que de vivre un projet collectif et de partager ensemble repas, loisirs et travail bénévole pendant deux semaines ?

Le chantier de bénévoles est aussi l’occasion pour tous les participants de prendre conscience des enjeux de la transition écologique au travers, par exemple, d’une alimentation fondée sur des produits locaux, de saison et si possible bios. Ainsi, cet été, les légumes ont été pour la plupart achetés aux Jardins de Cocagne d’Arronnes ; quant au poisson il provenait de la pisciculture de Moulin Piat.

Le chantier de Montgilbert est aussi un endroit où toutes et tous sont accueillis avec bienveillance, dans le respect des différences de chacun et chacune.

La « cristallisation » de la ruine

Il ne saurait être question de reconstruire le château de Montgilbert. Les travaux menés par les chantiers de bénévoles consistent à « cristalliser la ruine », c’est-à-dire à figer le monument en l’état, pour qu’il ne se ruine pas davantage.

Durant les chantiers, année après année et selon une planification définie, les bénévoles s’emploient après avoir ôter la végétation qui y pousse, à restituer les parements des murailles, consolider les maçonneries, réaliser des rocaillages au sommet des murs.

Pour tous les travaux de maçonnerie ou de rejointoiement, les bénévoles confectionnent un mortier de chaux composé de 1 volume de chaux blanche St Astier Hydraulique naturelle NHL 3,5 + 3 volumes de sable de carrière, dit gore (sable de décomposition du granit) + eau ; le mélange étant réalisé à la bétonnière.

Parfois, il est nécessaire de réaliser des arcs de décharge pour soutenir les parements ou de restituer des ouvertures dont les pierres de taille ont été arrachées. Il faut alors, au préalable, réaliser un cintre en bois avant de poser les pierres de voûtement.

C’est ce qui a été réalisé cet été pour l’ouverture de la tour du Belvédère (photos ci contre).

Les chantiers réalisés en 2022 ont atteint leurs objectifs techniques malgré la canicule qui a obligé à aménager les horaires de travail sur le château et à fabriquer des ombrières pour que la chaleur soit supportable pour les travailleurs bénévoles et que la maçonnerie ne sèche pas trop vite.

Une ombre au tableau

La fête prévue le samedi 6 août 2022 n’a pas pu avoir lieu. En effet le Festival des monts de la Madeleine, partenaire de Montgilbert depuis 2017, n’a pas intégré le château dans sa programmation 2022 et cela sans prendre soin de prévenir l’association. Celle-ci a fait part de sa grande déception et même de la colère de ses bénévoles qui ont été mis devant le fait accompli lors de la publication du programme du Festival des Monts de la Madeleine le 30 juin !

Heureusement, pendant tout l’été et même à l’occasion des Journées européennes du patrimoine (JEP) au mois de septembre, les bénévoles de l’association ont pris soin d’accueillir le public au château, expliquant les travaux qu’ils y menaient ou racontant quelques légendes aux touristes toujours attentifs et souvent admiratifs de l’enthousiasme de l’équipe…

En conclusion

Cette année encore l’association de Montgilbert – association de patrimoine et d’éducation populaire – a atteint les objectifs qu’elle s’était fixés. Elle n’aurait pas pu le faire sans ses partenaires : DRAC, DRAJES, DREAL, Conseil départemental de l’Allier, Vichy Communauté, Commune de Ferrières-sur-Sichon, Union REMPART qu’elle remercie vivement pour leur soutien…et sans les bénévoles engagés à ses côtés !

Pour contacter l’association : montgilbert@rempart.com

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