Le château de Montgilbert accueille chaque année depuis 1973 des chantiers bénévoles organisés, sous l’égide de l’Union REMPART, par l’Association de Sauvegarde et de Mise en Valeur du Château de Montgilbert.
Les bénévoles ont de nouveau répondu présents à l’appel lancé par l’association pour 2021 !
Un monument historique sauvé par des bénévoles
Si, dans les années 1970, le château était perdu dans la forêt, envahi par les ronces et les arbres et à moitié enseveli sous les gravats, il est maintenant accessible et visitable par les promeneurs.
Au fil des années, les chantiers de bénévoles successifs ont dégagé le château de la végétation qui l’envahissait, mis au jour les bases des murs des logis seigneuriaux et des cuisines dans la cour-haute, dégagé des salles basses, consolidé ou même restitué les arcs des portes d’accès et de certaines meurtrières, restauré une partie des courtines.
Après la restauration du bastion dans les années 1980, du châtelet d’entrée dans les années 1990 à 2000 puis de la tour du Soleil dans les années 2010, c’est maintenant la tour du Belvédère qui fait l’objet de toutes les attentions.
Peu à peu, au travers des chantiers de fouilles archéologiques pour dégager les structures enfouies, de taille de pierre pour la réalisation de l’arc de la porte d’entrée et de maçonnerie traditionnelle au mortier de chaux pour restituer les parements des murailles, l’association s’emploie à cristalliser les ruines du château, assurer la sécurité des visiteurs et transmettre ce bel élément de notre patrimoine aux générations futures.
Sans l’action ininterrompue des bénévoles depuis bientôt cinquante ans, ce monument historique, symbole de la Montagne Bourbonnaise, aurait sans doute pratiquement disparu.
Toute une histoire
Construit au XIIIème siècle, sous le règne de Saint Louis, Montgilbert défendait la frontière du Bourbonnais contre l’Auvergne et le Forez. Vers 1280, il est acheté par la famille Aycelin de Montaigu, de riches bourgeois auvergnats, qui sont anoblis par la suite. Puis, par mariage, le château passe à la famille de Vienne. Toutefois, de 1434 à 1439, pendant la guerre de Cent Ans, il est confisqué au profit de Rodrigue de Villandrando, mercenaire espagnol à la solde du roi Charles VII. On lui attribue des travaux de modification du château : construction du bastion, aménagement de l’enceinte extérieure, rehaussement du niveau de la cour basse…
Pendant la Renaissance, Montgilbert devient de moins en moins un lieu de résidence pour ses propriétaires, les de Saulx-Tavannes. Cependant, au XVIème siècle, des aménagements de confort sont réalisés en particulier par l’ouverture de grandes fenêtres dans le mur nord des logis seigneuriaux.
Sous Louis XIV, les propriétaires habitent à la cour. Certaines parties du château sont abandonnées et sa ruine commence. Vers 1770, le dernier héritier, Jean Baptiste Bravard d’Eyssat Duprat, revient à Montgilbert avec sa mère qui, pour l’obliger à quitter ce château démodé, aurait fait décheviller la toiture.
En 1793, le château est vendu comme « Bien National » et sert ensuite de carrière de pierres aux habitants des alentours, ce qui ne fait qu’accélérer sa ruine. Il est inscrit monument historique en 1930. En 1974, est créée l’Association de Montgilbert, après des premiers travaux bénévoles effectués dès 1973.
Un bon cru 2021, malgré la Covid-19 et une météo défavorable
L’année 2021 aura de nouveau été marquée par la crise sanitaire liée à la Covid-19 ; cela n’a pas empêché l’association de Montgilbert d’organiser son traditionnel chantier de bénévoles estival. Et même la météo, exécrable pendant une partie de l’été, n’a pas découragé les bénévoles puisqu’une quarantaine d’entre eux a, au total, participé aux trois sessions de chantier de l’été.
Environ la moitié des bénévoles venait pour la première fois à Montgilbert et avait été recrutée via la plateforme d’inscription de l’Union REMPART dont l’association de Montgilbert est membre. Les autres avaient déjà participé une ou plusieurs fois au chantier de Montgilbert. Par ailleurs, cinq compagnons Scouts et Guides de France ont renforcé l’équipe de bénévoles de la 3ème session.
Âgés de 17 à 60 ans, les bénévoles, ont organisé par eux-mêmes leur vie collective au local dont dispose l’association au hameau de la Grande Moussière. La question du Développement durable a guidé l’organisation et la préparation des repas : les produits locaux ont été préférés le plus souvent possible. Les légumes ont notamment été achetés au marché du Mayet-de-Montagne (petits producteurs locaux), les poulets auprès d’une éleveuse bio locale, les truites et le miel auprès de la pisciculture voisine, etc. Les bénévoles ont aussi pu bénéficier des produits du jardin très gentiment offerts par les voisines !
Le rythme d’activité au château a varié selon les conditions climatiques. Le matin : 10h00 – 13h00 et l’après-midi : 17h00 – 20h00 ou 18h00 – 21h00 en cas de forte chaleur. Ce rythme a été tenu 6 jours sur 7 en moyenne, une journée complète par semaine ainsi que les débuts d’après-midi étant consacrés à des activités de détente ou de découverte de la région.
Les travaux de restauration et l’animation du site
Evidemment, l’objectif principal du chantier est de proposer aux bénévoles de participer concrètement à la restauration et à la mise en valeur du château de Montgilbert. Le programme des travaux a été défini par le Conseil d’administration de l’association et validé par l’Architecte des bâtiments de France de l’Allier.
Le programme du chantier portait en 2021 sur les points suivants :
- Muraille orientale, côtés intérieur et extérieur : restauration des parements,
- Muraille extérieure, côté extérieur : fin de la restauration du parement, à proximité de la tour Angèle,
- Tour du Belvédère : suite de la reprise des hauts de mur, rejointoiement autour de l’ouverture (voir photo),
- Pose d’un panneau du circuit de visite en remplacement de celui volé l’hiver dernier…
- Réfection de murets de la cour haute et des restes du four des logis,
- Débroussaillage et entretien du site, des abords et du chemin de randonnée qui contourne le site.
Les travaux ont été menés comme prévu dans le programme. Les bénévoles, même sans compétence préalable, ont réalisé un travail de qualité.
Seule ombre au tableau : du fait des conditions météo, le concert de cors des alpes prévu le 7 août, dans le cadre du Festival des Monts de la Madeleine, n’a pas pu se dérouler au château mais a été présenté dans la cour du théâtre des masques à Ferrières. A Montgilbert, des visites guidées ont cependant pu être proposées par les bénévoles aux personnes intéressées, avant ou après le spectacle. Elles ont été nombreuses à profiter de cette opportunité !
L’association de Montgilbert remercie les bénévoles qui se sont mobilisés cette année encore ainsi que l’ensemble des partenaires qui la soutiennent : les services de l’Etat (DRAC, DRAJES et DREAL Auvergne-Rhône-Alpes), le Conseil départemental de l’Allier et la commune de Ferrières-sur-Sichon.
Pour contacter l’association de Montgilbert : montgilbert@rempart.com

